09 juin 2008

Grand Prix

Dimanche, jour de Grand Prix, je suis allé à La Ronde avec Zen. Nous avons marché du métro jusqu'au site, et nous avons vu quelque chose qui m'a renversé: il y avait une foule de gens qui étaient assis sur l'île Sainte-Hélène, dans le gazon, certains même avec des chaises, pour écouter le Grand PriGrand Prix 2008x. Pas le voir, vraiment juste entendre les bruits de moteur sur le circuit.

Honnêtement je ne suis pas un fanatique de course automobile, mais je comprend ce que les gens peuvent aimer de ce sport; la vitesse, la précision, la rapidité, c'est un beau sport. Mais le bruit est une nuisance absolue, à mon avis; aucune idée pourquoi les gens aiment le bruit des moteurs, son "ronronnement" comme certains disent. Alors quand j'ai vu ces groupes assis à écouter les tours de piste, sans même voir les autos ou avoir des écouteurs pour à tout le moins entendre les commentateurs... réellement il y a des gens que je ne comprendrai jamais je crois...

03 juin 2008

Trop aimer

Partout il y a des fans qui aiment simplement trop. Certains exemples sont frappants, éloquents, voire tragiques, comme celui de Mark David Chapman, qui assassina John Lennon en 1980. Tous les artistes peuvent être confrontés à ce problème; acteurs, auteurs, chanteurs, danseurs, mais aussi journalistes, blogueurs, metteur en scène, etc. La plupart du temps, il existe une séparation, une frontière entre la vie publique et privée de ces personnes, mais dans le milieu des drag queens, cette ligne est très floue, mince, voire inexistante.

 

On peut le voir facilement dans la plupart des soirées régulières, où les drags sont souvent affublées de cadeaux insistants de gens qui peuvent sembler étranges, qui ne semblent avoir d'autre but que de plaire à ces créatures impossibles. Il y a aussi ceux qui veulent tout faire pour être sur scène, qui veulent à tout prix qu'on voit qu'ils parlent aux drags, qu'ils sont sous les projecteurs, qu'ils existent.

 

Sauf qu'il y a quelque chose que ces gens ne comprennent pas... comme tous les artistes, les drags n'ont généralement rien à cirer des membres de leur public, au sens individuel du terme, et en plus ne sont pas des vedettes qui gagnent leur vie de leur art, pour la plupart; ils peuvent vous vendre des souliers, de la crème glacée ou des cigarettes de jour, avant de se transformer pour la nuit pour vous divertir. Alors, avoir des drags pour «amis» et leur accorder trop d'attention en public n'est qu'une relation de convenance; la drag se sent appréciée, le quidam se sent différent de la masse...

23 mai 2008

Colocataires

Depuis plus de cinq mois je suis déménagé. De retour à HoMa, où j'ai passé un an avec le Mécano, directement sur une artère animée, je partage mon superbe logement avec deux personnes extraordinaires; Hyper et l'Intendant, deux garçons complexes, aux parcours différents.

 

Hyper, le plus jeune, a 22 ans, comme moi. Nous allions au secondaire ensemble, sans être dans le même groupe, et nos chemins se sont séparés après notre graduation. Émotif, tout est question d'extrêmes pour lui; son jugement est net et clair, sans nuances, bien défini. Lorsqu'il est de bonne humeur, il est d'hyper bonne humeur; super serviable, allumé, drôle, gentil, attentionné, dévoué et généreux... mais lorsqu'il a un soucis, un tracas, on le sait rapidement. Idem pour ses activités: lorsqu'il se lance dans quelque chose, c'est corps et âme, sans demie mesure.

 

L'Intendant, lui, c'est l'homme de la maison; à 29 ans, il a énormément de vécu derrière lui. Personne cérébrale et cartésienne, il a un regard objectif sur la vie. Entrepreneur, il voit à la bonne gestion des choses; l'électricité, les fils, l'administration avec le proprio, les relations avec les voisins, tout ça c'est son domaine. Très généreux, il aime aider les autres et se montre très emphatique, parfois au détriment d'une partie de son bonheur personnel je crois. Il adore rire, s'amuser, et surtout faire la fête sans raison particulière, en pleine semaine parfois.

 

Bien qu'ils semblent plutôt différents, certains traits sont semblables chez mes deux colocataires; ils sont tous les deux de grands consommateurs, toujours à magasiner et à s'acheter plein de chose, utiles ou non (et sur ce point je les rejoins sans problème...) J'ai rapidement développé une belle relation avec eux, basée sur le respect et la communication, et une amitié semble naître entre moi et eux. J'étais réticent au départ à la colocation, moi qui connaissait tant d'histoires d'horreur, ou presque, sur les partages de logement. Mais chez moi, aucun problème majeur, pas de partage froid et trop calculé des biens de chacun; si quelqu'un fait à souper pour lui-même et qu'il en reste, généralement il en offre au colocataire qui arrive plus tard, par exemple.

 

Je suis si bien en si peu de temps que je ne sais pas si je voudrai un jour aller habiter ailleurs... tant mes colocataires que mon appartement sont extraordinaires, et je compte bien partager avec vous quelques-unes de nos aventures (et celles du voisinage, je vous parlerai des habitants du dessus et d'à-côté bientôt!)

20 mai 2008

Déboires universitaires

J'ai vécu une déception qui, bien qu'elle fut attendue, m'a un peu découragé... j'ai été refusé au programme que je convoitais, soit Journalisme, à l'UQAM. Après mon parcours collégial quelque peu... rocambolesque, je m'attendais bien à cette réponse de l'université, mais il reste toujours un peu d'espoir, au fond de soi, pour ces choses-là.

 

Le pire, c'est que je sais pertinemment que j'ai ma place dans ce programme; pour ma plume, que je trouve très bonne, mais aussi pour mes intérêts et ma curiosité pour le monde qui m'entoure, sur les relations entre les différents acteurs politiques, entre autres. Un ami personnel bien branché sur les gens qui effectuent des entrevues pour la sélection finale des nouveaux étudiants m'a confirmé ce que je croyais; certains ne lisent pas les journaux, n'écoutent pas les nouvelles via les médias électroniques, bref ne s'informent pas du tout... et ils auront ma place! Il m'a fait part de son découragement de voir qu'on refuse des gens comme moi pour en faire entrer d'autres qui veulent faire les colonnes accessoires rose-nananes de Filles d'Aujourd'hui...

 

Mais ce n'est que partie remise; j'ai été accepté en science politique (bien que ce ne soit pas un grand exploit...) où je pourrai commencer par approfondir mes connaissances politiques, avant de pouvoir transférer de programme pour aller en journalisme. Et ce n'est pas un détour, puisque j'aimerais beaucoup me diriger, comme vous l'avez sûrement déjà remarqué, en journalisme politique.

 

L'université me fait, comme à tout futur étudiant je crois, un peu peur; je me sens intimidé par ce genre d'institution, si grande, si imposante, non seulement par sa taille physique, mais par toute l'importance historique des universités. Lieux de savoir, de discussion, de philosophie et de révolution, où tout semble possible, avoir la chance de participer à tout ça m'emballe. Bien sûr je réalise que le rôle d'électron libre de l'université est bien moins grand qu'avant (ou bien les tribunes populaires sont plus nombreuses, je ne sais pas...), mais tout de même je suis très excité lorsque je pense à ma rentrée... et j'espère que je ne serai pas désabusé en octobre!

13 mai 2008

Comeback

Désolé à tous mes lecteurs, je sais que j'ai été plutôt absent de mon blogue récemment... je vous propose quelques anecdotes, mises à jour et faits divers qui expliqueront, en partie du moins, mon éloignement de la blogosphère, en plus de vous donner quelques nouvelles sur moi et ma vie, quand même.

 

Premièrement, j'ai eu une panne d'ordinateur. Il faut comprendre que lorsque j'ai laissé le Mécano, j'ai décidé de lui vendre ma tour pour m'acheter un ordinateur portable, et je devais le faire le plus rapidement possible, pour pouvoir transférer mes données d'une machine à l'autre. C'est un Acer que j'ai été chercher, le moins cher (500$) vu ma situation financière et en imaginant les difficultés que ma séparation allait engendrer. Près de 15 mois plus tard donc, il a sauté; la carte-mère était touchée, les frais de réparation se seraient élevés à 300$, plus le temps du technicien, sans garantie sur les chances de réussite. C'était bien sûr inacceptable pour moi, mais je n'avais pas suffisamment d'argent pour m'acheter un nouvel ordinateur; mon colocataire m'a presque sauvé en me vendant son laptop à un prix raisonnable, une bonne affaire puisqu'il l'avait acheté à l'automne dernier. J'ai tout de même passé plus d'un mois sans lien permanent à internet, à la surprise de certains.

 

Bon c'était un petit mensonge, puisque j'avais un lien à internet, via mon iPod Touch que je me suis acheté au début de l'année, après que mon iPod Nano se soit fait écraser par un train de métro, à la station Berri-UQAM. Ça a miné mon budget aussi, ce bijou m'ayant coûté 450$ plus taxes, autre raison pour laquelle je ne me suis pas acheté un ordinateur neuf (puisque, honnêtement, je voulais m'en acheter un au printemps pour remplacer mon Acer qui, décidément, n'était pas assez performant à mon goût).

 

Autre raison de mon éloignement: l'amouuuurrrrrr. Moi qui m'étais juré qu'on ne m'y reprendrais plus, je suis tombé sous le charme d'un joli garçon dont je vous ai déjà parlé, Zen, adorable comme tout. Avantages: nous avons le même horaire de travail, tant au niveau des heures que des jours, ce qui nous permet d'être virtuellement toujours ensemble (mais attention à ce que ça ne devienne pas un inconvénient... ça me fait un peu peur, juste assez je dirais), il a une voiture, il n'est pas radin, il est honnête et droit, en ce sens qu'il ne se gênera pas pour me dire ce qui va ou ne va pas, il a un spa chez lui et un membre de sa famille est massothérapeute... quoi demander de plus? Ah oui il a aussi un chalet sur le bord d'un lac en Estrie, d'où je vous écrit pendant que je me fais bronzer.

 

Les inconvénients? Pour l'instant aucun; tout ce qui me fait peur, c'est qu'on se voit trop, que la magie disparaisse trop rapidement, que la routine s'installe trop facilement... mais je n'y pense pas pour l'instant, je suis trop heureux! Il m'a même fait livrer de magnifiques fleurs au café, imaginez, sans raison particulière. Si je n'avais pas été leur collègue, les filles de la job m'auraient lancé quelques objets contondants, par jalousie. Mon seul espoir de le voir moins souvent serait qu'il ne soit pas aimé de mes colocataires, mais ils l'adorent!

 

Remarquez que je ne suis pas surpris, ces garçons sont les meilleurs colocataires que j'aurais pu imaginer; la relation de colocation était pour moi un important compromis, mais je vis dans une source de bonheur quasi infinie; pas de chicanes sur le ménage ou les provisions, nous sommes souvent sur la même longueur d'ondes, les malentendus sont réglés rapidement, bien avant qu'ils ne dégénèrent en conflit, le respect est très grand, la liberté aussi... je vous jure je ne saurais imaginer endroit où je serais mieux. J'en ai discuté avec Zen justement, et je suis content d'être si bien où je suis, puisque je ne serai pas tenté de vouloir emménager avec mon amoureux sous peu. Ce fut mon erreur avec mon ex, je ne voudrais pas recommencer maintenant.

 

Finalement, j'ai eu un ordinateur en plein début de saison des terrasses, où vous comprendrez que je passe le plus clair de mon temps, à me prélasser au soleil, Smirnoff aux canneberges ou sangria aux lèvres, à regarder les couches tomber au fil des semaines.

 

Voilà, chers lecteurs, où j'en suis... je tente de faire un combeback sur mon propre blogue (quelle ironie...), mais je ne garantis rien à personne; je ferai un effort, sans savoir si j'y arriverai. Merci à tous de continuer à venir me voir, et désolé si votre aggrégateur RSS a explosé en voyant un signe de vie du Barista Cancanier!

31 janvier 2008

Bonne année!!

Je vous ai négligé, je sais. Laissez-moi tout de même vous présenter mes meilleurs voeux pour l'année 2008 qui vient de débuter. En fait, pour moi, elle commence vendredi, soit le 1er février, puisque pour moi tout le mois de janvier, à tout le moins cette année, fut marquée par les sorties et les excès des Fêtes qui se sont prolongées. Janvier fut particulièrement marqué par un garçon, Zen, qui a changé beaucoup de choses en peu de temps.

 

Mais d'abord, résumé de mon jour de l'An.

 

J'ai travaillé les 24, 25 et 26 décembre. Un café à Noël, vous pensez que c'est mort? Détrompez-vous, nous avons fait une très bonne journée le 25, les gens ont laissé de bons pourboires durant ces trois jours, tout le monde compatissait avec nous et nous remerciait d'être ouvert en cette journée de festivités. N'allez pas croire non plus que j'ai eu des Fêtes ennuyantes, disons simplement décalées. Même si j'ai été souper chez mon père le soir du 25, pour partager un repas somme toute fort simple, mes événements furent le 26 décembre (chez l'Anglais Banlieusard, j'en reparlerai), le 29 (souper officiel chez mon père), le 30 (souper du côté de ma mère), le 31 (chez Mado), le 1er (encore chez l'Anglais Banlieusard), le 2 (une date) et le 3 (une autre date, avec Zen).

 

Le 31 donc, je sors chez Mado pour un spectacle qui nous en a mis plein les yeux et les oreilles, surtout avec l'avant-dernier numéro; Michel Dorion nous a fait l'honneur de présenter la version A New Day... de River Deep, Moutain High de Céline. Un numéro passionné, très bien fait, mon préféré du spectacle; j'étais juste au devant de la scène, en plein centre, le micro était juste devant moi, je capotais!! Jamais je n'ai crié aussi fort durant une prestation, c'était démentiel!

 

La musique fut excellente, comme toujours lorsque Mado est aux platines, la foule était belle, l'ambiance était géniale; le jour de l'An, c'est cette soirée où on peut parler à de purs inconnus sans se faire revirer de bord, tout le monde est sociable, tout le monde veut être ton ami, c'est génial! À chaque fois que j'allais prendre l'air à l'extérieur, je me faisais de nouveaux amis, un de ceux-là fut Zen. Il fumait près de la porte, moi je faisais les 100 pas sur le trottoir, j'essayais de faire baisser mon rythme cardiaque et ma température corporelle, qui aurait pu faire fondre un glacier je crois.

 

Tout à coup, ce garçon s'approche de moi. Il n'est pas très grand, sans être petit, il a des yeux rieurs, moqueurs, un peu de barbe, de jolis cheveux, une rose sur l'oreille. Il me dit «toi je te trouve très beau!», ce à quoi j'ai acquiescé, avant de lui dire que lui aussi était beau. Je lui demande s'il est célibataire, sa réponse m'a figé: «oui, j'ai laissé mon chum ce matin!» Ouch. Un gars est célibataire depuis 18 heures environ, il est saoûl à complimenter des gens dans un bar, est-il digne de confiance? La question se pose!

 

Je lui pose donc les questions de base: nom, description des attributs, s'il est seul; Zen, intéressants et accompagné de son ami drag queen furent les réponses, qui me satisfirent. Nous sommes allé danser, nous avons eu beaucoup de plaisir. Il allait souvent fumer dehors, me laissant en plan (ce à quoi je dus m'habituer par la suite) dans les escaliers de la scène. Remarquez que danser seul ne me dérange absolument pas, j'ai d'ailleurs eu un contact visuel avec un autre charmant garçon, le Cubiste, avec qui j'ai dansé aussi... jusqu'au retour de Zen. Celui-ci ne semblait pas intéressé à quelque chose à trois, Cubiste s'est donc incliné et s'est éloigné, pour revenir me donner son numéro et son courriel. Touchante attention.

 

Finalement c'est vers 4h que j'ai quitté, soit après mes deux conquêtes, pour aller passer la nuit chez un ami, qui fut malade comme un chien. Un jour de l'An fou, fou, fou, comme je les aime.

 

J'ai déjà hâte à l'an prochain...

 

Très long chez les gays; Sylvain (surnom?)

24 décembre 2007

365 jours

Un an. Trois cent soixante-cinq jours. Le 24 décembre 2006, j'annonçais au Mécano que, désormais, nous allions vivre l'un sans l'autre. À la veille de Noël.

 

Depuis, un tsunami a détruit plusieurs ponts. Moi qui n'avais pas essayé trop de choses dans ma jeunesse, j'étais en couple monogame depuis l'âge de 16 ans. Les étapes majeures de ma vie de jeune adulte ont été franchies avec le Mécano; bal de finissants, entrée au CÉGEP, premières sorties dans les bars, expériences sexuelles, expulsion et reprise du CÉGEP, premier appartement, premiers «vrais» emplois... pendant ces 1603 jours, j'ai énormément rit, pas beaucoup pleuré. J'ai appris comme jamais avant, j'étais en sécurité, j'ai avancé en sachant que si je mettais un pied dans le vide, on me rattraperait.

 

Je suis retourné chez ma mère. Retourné en famille. D'abord par commodité; j'étais sans le sou, sans meubles, je n'avais rien de rien, c'était pratique chez ma maman. Oh bien sûr, même si je ne l'ai pas dit, l'amour familial m'a fait du bien. Me retrouver au sein d'un tout, près des enfants, de ma mère, me sentir utile à quelque chose... je n'aurais pas pu repartir seul aussi vite, émotionnellement parlant.

 

Les 340 jours passés dans la banlieue qui m'a vu grandir furent parfois longs, parfois durs, souvent très plaisant. La fin fut difficile, il était temps que je parte.

 

Depuis 22 jours désormais, je suis retourné à Montréal, avec des colocataires. Deux. Un avec qui j'allais au secondaire, qui m'a donc vu dans mes premiers jours de relation avec le Mécano. Notre appartement est à deux pas de celui du Mécano, alors tout ici me rappelle mon couple; que ce soit l'arrêt d'autobus, le restaurant où je déjeune ou l'air de boeuf de la caissière du supermarché, je répète tous les gestes que j'ai fait avec le Mécano.


Sauf que maintenant, je suis seul.

 

Je ne veux pas analyser mes émotions un an plus tard; si j'ai grandi avec lui, j'ai grandi seul aussi. Je suis très heureux d'avoir vécu cette aventure, qui fut très enrichissante. Je voulais simplement poser une pierre ici, à la veille de Noël, mon premier Noël de célibataire.

17 décembre 2007

Pierre-Luc et sa gang

Je ne porte pas Patrick Lagacé dans mon coeur; c'est le genre de journaliste qui a davantage sa place à TVA ou au Journal de Montréal, quotidien qu'il a d'ailleurs quitté pour La Presse. Pas que son travail soit bâclé ou non-pertinent, mais ce n'est pas le genre de journalisme que moi j'aime. Je lis néanmoins à peu presque toujours ses chroniques, ses idées étant souvent les mêmes que les miennes, mais le chemin pour y arriver est généralement différent.

 

Tout cela pour dire qu'il a signé, ce matin dans La Presse, un texte très touchant, qui m'a tiré les larmes des yeux; il fait partie de la série « Pis Noël? », un appel lancé aux lecteurs la semaine dernière pour qu'ils racontent des histoires de Noël. Ce matin donc, en page A 10 de La Presse, ce récit: Pierre-Luc et sa gang, que je vous invite à aller lire; un conte qui semble triste, qui parle de cancer pendant le temps des Fêtes, mais surtout d'amitié, de la place qu'elle prend dans la société contemporaine, où elle supplée la famille, institution de plus en plus réduite. Un texte profondément touchant d'espoir.

 

J'ai hâte de voir ce que vous en avez pensé!

16 décembre 2007

Éducation

Souper chez ma mère ce soir. Qui se déroule encore d'ailleurs, au-dessus de ma tête.

 

Un couple invité. Enfants bien élevés. Intéressants.

 

Discussion autour de Passe-Partout. L'invité masculin parle d'une scène où les enfants mangent du miel.

 

«Ça passerait plus aujourd'hui, les enfants mettaient leur main dans le pot de miel, tous ensemble, pour en manger. Tsé à l'époque il n'y avait pas de Sida...»

 

Rappel: le VIH/Sida ne se transmet pas par la salive. Comme quoi l'éducation populaire demeure toujours nécessaire et pertinente.

Fonceur

Je l'ai souvent dit: l'audace paie. Dans tous les domaines, on doit travailler pour avoir ce qu'on veut, on doit oser foncer, demeurer à la limite de l'insolence ou de l'insubordination. Je vous donne l'exemple du Dépanneur.

 

Le Dépanneur est un collègue de Chevalier, un garçon qui a travaillé avec nous jusqu'à l'automne dernier. Comme son lieu de travail est à un jet de pierre de mon café, j'entre souvent le voir lorsque je passe devant son dépanneur. Une semaine avant mon anniversaire, j'étais allé le voir et je l'avais invité à venir, question en même temps de revoir plusieurs employés du café, et je l'avais par le fait même incité à emmener son collègue, mais discrètement.

 

Le soir de ma fête, je le vois débarquer à la fin du repas, avec le Dépanneur; première petite victoire, il me resterait à le séduire. Chose qui n'arriva pas, puisqu'il fut clair, rapidement, que je ne lui plaisait pas outre-mesure; il était plutôt devenu ami avec Lady, une autre employée du café qui aime bien aller raver, une passion que les deux partageaient. Nous sommes allés au club ensuite, j'ai dansé un peu avec le Dépanneur et Lady, tout en butinant parmi mes différents amis.

 

Peu de temps après cette soirée merveilleuse, Chevalier est passé à mon café (il vient nous voir aussi souvent que je vais le visiter), et je lui ai demandé, de but en blanc, ce que le Dépanneur pensait de moi. Sa réponse fut équivoque: il me trouvait certes mignon, voire de son goût, mais il cherchait quelque chose de stable, alors que je suis assez instable par les temps qui courent. Je suis demeuré zen, je me suis dit que je pourrais toujours aller lui jaser sur la job.

 

Je n'y pensais plus jusqu'à hier. J'étais en pause, bien assis, lorsque j'ai entendu Lady crier «aaaaaaah! Dépanneur!!». Je ne fit ni une ni deux, je me suis précipité à l'arrière du comptoir, feignant chercher une pâtisserie pour agrémenter mon repas, et je fit semblant de reconnaître le Dépanneur, que j'ai chaleureusement salué, gardant le comptoir comme frontière entre lui et moi.

 

Lady était en train d'écrire un numéro de téléphone, le sien j'imagine; innocemment, je lui demande: «est-ce que c'est mon numéro que tu lui donnes?» sans arrêter de fixer le Dépanneur dans les yeux.

«Ouan, il y en a qui sont pas très subtils...» fut la réaction du joli garçon.

«Chéri, la subtilité ça ne paie pas, c'est en étant direct qu'on a ce qu'on veut.» fut ma réponse, sur laquelle je suis reparti, en lui faisant un clin d'oeil.

 

Revenu à ma place, je lisais mon journal lorsque je l'ai vu entrer. Le Dépanneur était revenu, sûrement pour dire quelque chose à Lady, je n'en fit pas grand cas. Je fut donc surpris de le voir planté devant moi, un sourire aux lèvres, me donnant un papier avec son numéro, me sussurant un «de préférence la fin de semaine» à l'oreille, et quittant illico.

Sans ne rien dire à Lady.

 

C.Q.F.D.